Sarkozy est-il en cavale à l’étranger ?

On savait que l’ancien président Nicolas Sarkozy était un cosmopolite assumé, adepte des horizons américains et des chaines de palaces internationaux. On eut pu penser que départ précipité après sa défaite du 6 mai, était la simple expression d’un besoin de vacances bien méritées. Or, ses fans, ses admirateurs fidèles s’inquiètent de plus en plus de ce séjour plus que prolongé de Nicolas Sarkozy loin du sol français.

Certes, nous savions l’impatience de fin de mandat, qui faisait déjà dire au président candidat en pleine campagne, qu’il comptait arrêter la politique en cas de défaite. Mission accomplie ? On se souvient aussi du victorieux Sarkozy, installé depuis un an à l’Elysée et déclarant en dégustant un repas, qu’il n’était point disposé à exécuter un inutile second mandat. Homme raisonnable, il se tenait à un plan modeste : « Avec Carla, on ne veut que du bonheur tranquille, dans une belle maison puisqu’on a les moyens. Je suis président. Mon prochain statut sera ancien président, et celui-là durera très longtemps. Alors je ferai comme Bill (Clinton) ou comme Tony (Blair) : je ferai des conférences et là, je me bourrerai ! » (à lire dans Sud-Ouest)

L’immunité présidentielle devant échoir échu le 15 Juin, Carla et Nico s’avisèrent tout d’abord d’aller fêter la défaite dans la volupté de la villa Ocre de Marrakech, jusqu’au 31 mai. Au même moment, les milieux nationalistes marocains lancent l’information selon laquelle Nicolas Sarkozy aurait reçu en cadeau de fin d’année 2011, un palace de 700 m2 située dans le projet immobilier « Amelkis » à Marrakech. Le bienfaiteur de l’ancien président serait un « richissime homme d’affaires des Emirats arabes unis ». Après tout, les cadeaux faits aux décideurs politiques ne sont certainement pas une pratique nouvelle, ni en voie de disparition.

En revanche, la longueur de l’éloignement de Sarkozy a de quoi nous faire nous interroger sur son intention de revenir en France dans une optique de court ou de moyen terme.

Pour l’heure, trois affaires d’importances inégales, menacent l’ancien président :

La moindre demeure sans doute l’affaire Bettencourt, qui n’est jamais qu’une triviale et classique affaire de magouilles entre exécutif et privé, comme il s’en est joué pour d’autres présidents ou responsables politiques de premier ordre, ces dernières décennies. L’affaire des enveloppes, actuellement suivie par le juge de Bordeaux Jean-Michel Gentil, pourrait certes révéler d’autres transferts d’enveloppes d’argent, dont Mr. Woerth et même Nicolas Sarkozy, auraient été les récipiendaires auprès du domicile de M. et Mme. Bettencourt. Du menu fretin qui aurait du couvrir quelques faux frais pour la campagne du candidat UMP de 2007.

Avec les affaires de Karachi, on atteint de suite un tout autre niveau. Tout comme le juge Gentil, le juge Van Ruymbeke n’a pas encore eu l’occasion d’entendre de visu les explications de l’ancien chef de l’Etat, notamment en raison « d’éléments insuffisants ». Pourtant, la Police luxembourgeoise ne mit que peu de temps à investir les archives de la société « Heine », crée par Nicolas Sarkozy lui-même, alors ministre du budget et chef de campagne d’Edouard Balladur en 1995. Le rapport de la police indique que la création de Heine « semble venir directement de M. le premier ministre Balladur et de M. le ministre des finances Nicolas Sarkozy ». Ainsi, Nicolas Sarkozy aurait été l’organisateur du circuit financier entre la France et le Luxembourg, pour le transfert des retro commissions qui s’élevaient en tout à 33 millions d’euros.

Et puis il y a l’affaire libyenne. Sarkozy, devenu candidat sérieux à la présidence en 2007, emprunta le même chemin que son mentor Balladur et monta une combinazione afin de financer sa campagne, qui fut effectivement un exercice parfait, de l’avis de tous. Toutefois, alors que les vassaux de l’Empire, dont l’Etat français infiltré, se lancent dans une guerre abusive et cruelle contre le Colonel Kadhafi et contre le peuple libyen, dès les débuts de la guerre, le Colonel Kadhafi avait adressé un acte de défiance à la traitrise de Sarkozy, en révélant que le candidat Sarkozy reçut 50 millions d’euros en 2007 de la part de Kadhafi lui-même. Si l’Elysée démentit tant que Nicolas Sarkozy n’était pas sorti au 6 mai 2012, l’ancien premier ministre libyen confirma la transaction le 3 mai 2012.

Mais encore, s’il n’y avait que ces affaires-là, il faudrait encore les creuser à fond et sérieusement, notamment l’affaire libyenne, pour y déceler la manifestation de cet Etat profond présent au cœur de l’appareil politique français. Et si d’aventure, Nicolas Sarkozy, lassé d’aller d’hôtel en hôtel, de mégalopole en mégalopole, se décidait à reparaitre en France et que durant son vol, un coup d’Etat intervienne, plaçant au sommet de l’Etat une révolution Nationale-républicaine intéressée d’interroger l’ancien président sur des actions relevant cette fois non plus de la simple magouille politicienne de base, mais de réels crimes de haute trahison :

  • Politique étrangère acquise aux intérêts atlantistes et israéliens
  • Envoi de nouveaux contingents en Afghanistan
  • Passage en force du Traité de Lisbonne et rejet du référendum de 2005
  • Promotion des subprimes la veille de la crise éponyme en 2008
  • Promotion du vote des étrangers aux élections municipales
  • Promotion du mondialisme et de l’euroatlantisme, non-défense des intérêts nationaux
  • Réintégration unilatérale et soumission à l’OTAN
  • Augmentation de son propre salaire de 170%
  • L’affaire Tapie
  • Vente à perte de 20% du stock de l’or national en 2004 en tant que ministre des finances, alors que 2004 signe le début de la hausse continue de l’Or jusqu’en 2012, faisant perdre 18 milliards au Trésor National

Entre autres, etc.

Or donc, que fait Sarkozy et que va-t-il faire ? Se tenir loin de la France ne devrait pas trop lui manquer, comme nous nous en doutons, son rapport charnel à la terre française étant des plus étriqués, de son propre aveu.

Alors que la police et la justice françaises ont opéré une perquisition aux domiciles – vides – de Nicolas Sarkozy ainsi que de Carla Bruni-Sarkozy dans le cadre de l’affaire Bettencourt le 3 juillet 2012, on apprend que celui se ressource en famille, non plus au Maroc, mais au Canada, qu’il a rejoint le 2 juillet au domicile d’un ami montréalais, milliardaire du nom de Paul Desmarais, 86 ans, dans une splendide propriété de Morin Heights. Cette destination est loin d’être un hasard, Mr. Desmarais, directeur de la Power Corporation, sorte d’archétype du grand magnat américain (il possède de domaine de Sagard, vaste de 75 km2 et 32 lacs) étant un véritable mentor pour Nicolas Sarkozy, qui en 2008 déclarait : « Si je suis président aujourd’hui, c’est, en partie, grâce à Paul Desmarais ». Il se pressa d’ailleurs, de le décorer de la grande Croix de la Légion d’honneur en février 2008.

Ces voyages à répétition et en famille firent croire à certaines mauvaises langues, que Sarkozy avait par sureté, demandé l’asile politique au Canada. Une information qui tient pour l’heure davantage de l’ordre de la rumeur que de l’information vérifiée. D’ailleurs, on imagine mal Sarkozy menacé par l’ombre d’une lourde condamnation à quoi que ce soit concernant ces trois affaires, qui d’ailleurs, ne devraient pas nous indigner outre mesure : elles ne sont que de classiques affaires de machinations financières particulières. En revanche, la liste non-exhaustive de trahisons graves et inédites aux intérêts et à la souveraineté nationale sous l’ère sarkozyste serait éminemment plus valable et justifiée, pour trainer un tel phénomène devant le jugement de l’Histoire.

En outre, on apprend que la famille Bruni-Sarkozy devrait être de retour en Corse, au Cap Nègre, dès cette semaine. Encore une fois, gageons que même si la justice n’inquiètera probablement pas l’ancien chef de l’Etat, il est probable que selon sa volonté de reprendre son activité d’avocat à une échelle internationale, il pourra rejoindre de façon civile, le monde de l’hyperclasse, nomade et mobile.