Les éoliennes en Alsace ou ailleurs : un crime contre l’environnement

Les éoliennes sont probablement l’une des plus audacieuses arnaques de notre époque. Je parle évidemment de ces champs d’éoliennes dont on a couvert des coins de campagne entiers, dans les terres, sur les côtes, même dans les vallées, depuis une vingtaine d’années. Cette arnaque est d’autant plus perverse que, dans la créance populaire, chacun s’imagine que les éoliennes sont une source d’énergie écologique, renouvelable, sans impact sur l’environnement, générant de l’emploi local, etc. Il serait plus convenable de dire que les systèmes éoliens actuels sont une source d’énergie intermittente, nécessitant des ressources naturelles considérables, impactant entièrement les écosystèmes humains et animaux et générant peu, voire pas d’emplois locaux, mais assurément de substantiels revenus pour les industriels actifs dans ce secteur économique.

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« Sans impact sur l’environnement » est un argument qui confine à la perfidie la plus extrême lorsqu’il s’agit de défendre les champs d’éoliennes, vu le pouvoir qu’ont ces technologies pour transformer une ruralité paisible et relativement pure en un espace surréaliste et terrifiant. Pas aussi terrifiant sans doute que la capacité de beaucoup de braves gens à nier entièrement l’évidence de ce crime collectif.

Installer des éoliennes dans une région aussi peu propice que l’Alsace ne pouvait être rendu possible que par trois facteurs :

  • Le travail de lobbys ayant convaincu la classe politique de laisser construire ces horreurs tout en maintenant par ailleurs les énergie nucléaires ou d’autres modèles de développement polluants.
  • L’imbécilité, la naïveté ou la crédulité, quand ce n’est pas plus simplement la corruption de certains représentants du peuple (les maires et les conseils municipaux sont assez vulnérables à ce niveau, surtout si ils sont liés à un parti politique) a permis un grand nombre d’abus.
  • Et enfin, les plus grosses crapules dans cette affaire sont assurément ceux qu’on appelle depuis les années 1980, depuis la naissance du green capitalism et de l’écologie politicienne conventionnée, LES VERTS. Leurs mièvreries médiatiques et leur écologisme publicitaire et bourgeois prenant le relais de la nouvelle gauche sociétale, ont évidemment causé beaucoup de tort à la cause écologiste véritable, c’est à dire celle de défense des lois naturelles et de la tradition en matière d’organisation politique, de droit social, comme d’environnement et d’aménagement du territoire.

Qu’on ne me dise pas que j’exagère, car tout ceci s’est réellement passé en Alsace. Le maire pourtant vert et EELV de Kaysersberg, ainsi que ses collègues du canton, songeait très sérieusement installer une petite dizaine d’éoliennes – pilonnes de béton blanc, hauts de plus de sept dizaines de mètres – sur une parcelle de trois hectares sur les flancs du Col du Bonhomme. Très heureusement, un grand nombre d’autochtones vosgiens, romans ou alsaciens, se sont ligués contre se projet délirant et là encore, il ne s’en est fallu que de peu pour qu’il se réalise : on mesure alors à quel point les systèmes démocratiques en place sont dérisoires. En fait, les autorités pro-éoliennes durent finir par admettre l’évidence pourtant limpide qu’il n’y avait de toutes façons pas assez de vent dans l’endroit.

Cocasse néanmoins de suivre les aventures d’un maire prétendument écologiste imposer un projet aussi criminel qu’un parc éolien en plein parc naturel. M. Stoll est assez caractéristique de l’animateur politicard alsacien -au populisme grotesque et hâbleur, mais efficace-, version écolo-festivus. Enfin, 25 associations coalisées, renforcées par le soutien d’autres mouvements écologistes jurassiens, comtois et même bretons ont fini par obtenir gain de cause. Tout ceci a payé avec en prime le soutien bienvenu de l’inoxydable Antoine Waechter, l’un des rares écologiste politique sérieux et conséquence que l’on puisse trouver dans le pays.

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Quelques clichés pour vous donner une idée de l’endroit. Comme vous pouvez le voir, ce coin dégueulasse, à n’en point douter, ne représentait aucun intérêt pour le progrès technique.

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Les projets d’éoliennes en Basse Alsace

Peu de temps après, d’autres projets virent le jour en Alsace bossue, à Dehlingen, le tout premier champ d’éolienne de la région et le seul à ce jour, Dieu nous en préserve. Hélas, dans ce coin plutôt austère et dégarni de l’Alsace, quasiment aucune mobilisation écologiste ne s’est mise en place, les oppositions de quelques malheureux villageois, incapables de se défendre, n’y ont rien fait. Cela peut se comprendre dans la mesure où l’Alsace bossue est un confins prémosellan fort excentré des circuits touristiques et commerciaux de la région, contrairement à des endroits comme le col du Bonhomme, où les forces économiques locales sont directement impactées par toute atteinte à l’environnement et à l’aménagement  du paysage. Les industriels, eux, se frottent les mains. Une éolienne représente un mat de plusieurs dizaines de tonnes de béton et il est quasiment aussi couteux d’ériger ces saloperies que de les démanteler.

L’imbécilité sénile de l’enthousiasme populiste pour le progressisme spectaculaire et médiatique a vraiment quelque chose de gerbant et pitoyable. La narration dans le reportage est hilarante : « ...on ne sait pas encore si la production sera au rendez-vous, mais le pari est déjà gagné puisqu’elles tournent enfin« , le tout sur une vue contre-plongeante sur l’édifice vertigineux de laideur.

En 2013, un autre projet vit le jour, menaçant cette fois la vallée dominée par les villages de Grassendorf, Ringeldorf et autres bleds du pays d’Hochfelden. Là encore, ce ne fut que grâce à l’action de groupements spontanées de ruraux des parages que les municipalités et la région porteuse du projet, furent contrecarrées. Le coin n’est pas spécialement touristique, moins qu’ailleurs du moins. C’était décidément de trop pour ce secteur très agricole, de moyennes entreprises, d’artisans, de travailleurs indépendants et de foyers ruraux qui tiennent à leur tranquillité et à l’harmonie de ce paysage déjà trop ravagés par les outrages du temps et par l’avancée rapide du progrès. Zone commerciales et autres zones de petites industries logistiques se multiplient depuis 20 ans avec leurs immenses parois de tôles et leurs bâtiments de verres fumés, et les entrées des petites villes ne sont plus faites que de ce genre de cloaques visuels. Mais installer des éoliennes représentait un défi à l’entendement que même le populaire ne pouvait soutenir. 

Ces éoliennes ont quelque chose de fascinant, en plus du stress intense qu’elles provoquent à la vue du voisinage sur un court terme. Il est désormais admis par toute personne d’intelligence, que le système éolien tel que développé depuis une vingtaine d’année représente non seulement une escroquerie économique, mais aussi une escroquerie écologique. Je renvoie les lecteurs à cette excellente émission du libre journal des sciences et techniques de Radio Courtoisie où MM. Butré (Fédération de l’Environnement Durable), Gérondeau et Belquet résument les éléments clefs de l’escroquerie éolienne.

Démocratie directe et ordre naturel

La région Alsace souhaitait installer 50 éoliennes d’ici 2020, mais d’ici là, cette région n’existera plus en tant que telle. Qu’adviendra-t-il de ces projets ? De quels pouvoirs de contestation les citoyens disposeront-ils ? De quels moyens de pression la république et les nouvelles techno-régions disposeront-elles pour imposer leurs vues ? Et à quel point ces vues seront-elles délirantes ?

Car, la véritable question que posent ces éoliennes, au-delà de l’escroquerie écologique et économique qu’elles représentent, est celle de la décence commune, de l’ordre naturel, mais encore de la démocratie directe. Comme Florent Pagny, je suis rigoureusement opposé à l’idée que 40 millions d’électeurs aient la moindre capacité, par le miracle du suffrage populaire, a déterminer qui doit être le président d’un état. Les systèmes démocratiques ne sont possibles et équitables, que dans le cadre d’organisations sociales et de communautés à taille humaines, à cohérence locale et culturelle : villages, villes, cantons, provinces. De quel pouvoir disposent réellement les citoyens d’une « inter-communalité » ou d’une « com-com » face à de pareils projets, qu’il s’agisse d’éolien ou de zones commerciales, de lotissements construits sans exigence esthétique et écologique minimale ? Pourquoi n’est-il pas possible d’organiser des référendums dans de tels cas ?

Enfin, je me suis toujours demandé pour quelle raison les gens toléraient qu’on construise toujours aussi laid, alors qu’il est démontré qu’il est tout à fait possible de construire beau et traditionnel avec des budgets très économiques, comme les projets d’urbanisme néo-rural du Prince Charles nous le démontrent au Royaume-Uni ou les projets néo-byzantins à Skopje.

D’ailleurs, le système éolien en lui-même, n’est pas une mauvaise chose à condition qu’il s’agisse d’un système à taille humaine, adapté à un usage familial ou communautaire, utilisant des matériaux naturels et durables, s’inspirant des systèmes de moulineries traditionnelles. Pourquoi faut-il que l’architecture post-moderne soit toujours une course si effrénée vers la laideur et l’absurdité la plus totale ?

Totem du progrès turbocapitaliste sur le plateau des Millevaches.

Totem du progrès turbocapitaliste sur le plateau des Millevaches.

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